Suite à la publication de son rapport « Choisir l’Ecole publique« , le Cnal a sollicité le ministère pour être reçu en cette rentrée scolaire. C’est donc en ce mercredi 30 septembre qu’une délégation permettant de représenter les organisations membres a été entendue sur divers points que nous vous expliquons dans cet article.

- Privé et baisse démographique
Les 18 départements identifiés pour tester une nouvelle modalité de carte scolaire travaillent sur les enjeux de la baisse démographique sur leur territoire. Nous avons porté l’idée que dans le cadre de ces travaux, jamais l’école publique ne doit perdre de moyens quand il y a un établissement privé à proximité. L’Ecole publique doit se maintenir puisqu’elle est la seule à garantir le service public d’éducation. Dans ce même point, nous avons donc demandé que les mesures concernant le privé puissent être regardées a minima en même temps que les instances du public afin d’éviter un « effet d’aubaine ». Les conditions d’accueil aux écoles publiques ont aussi été abordées (transport scolaire, restauration, internat…) afin de garantir l’effectivité du droit d’accès au service public.
- Valorisation de l’Ecole publique
L’une de nos préconisations issues des travaux de 2025 visait à valoriser les réussites et les projets pédagogiques réalisés dans les écoles et établissements publics. Or, pour cela, les personnels doivent pouvoir communiquer vers l’extérieur (familles, opinion publique, etc), chose que le privé met en place depuis très longtemps sans avoir à demander d’autorisation hiérarchique mais qui est plus difficile à obtenir rapidement dans le public. Nous avons demandé que des directives claires soient adressées aux chefs d’établissements et aux inspecteurs afin qu’ils favorisent la valorisation des projets menés dans les établissements et qu’ils répondent favorablement, lorsque cela est possible, aux sollicitations médiatiques.
- Carte des formations professionnelles
Guillaume Prévost a annoncé dans sa conférence de presse de rentrée que le SGEC allait investir dans le lycée professionnel pour valoriser les compétences manuelles et pluridisciplinaires. Alors que le privé choisit les formations qu’il souhaite développer, nous avons alerté le ministère sur la prétendue « complémentarité » des lycées publics et les différents établissements privés en termes de formation professionnelle. Encore une fois, les formations dispensées dans les lycées publics doivent être priorisées.
Par ailleurs, nous avons fait part de notre inquiétude au ministère concernant l’annonce du SGEC de faire de lycées privées catholiques des « laboratoires » pour utiliser leurs locaux sur différentes missions (accueil d’un pôle santé mentale, d’un accompagnement de mineurs isolés par exemple).
- Parcoursup et lycées hors contrat
Une récente actualité sur des refus d’orientation de lycéens issus d’établissements hors contrat nous a amenés à interroger le ministère sur les critères utilisés pour ces élèves dans la plateforme Parcoursup. En effet, les établissements hors contrat ne sont soumis qu’au socle commun, qui n’existe plus au lycée. Il pourrait donc y avoir une rupture d’égalité entre des candidats à l’enseignement supérieur si leurs voeux ne sont pas examinés selon les mêmes critères. Nous en avons profité pour demander où en était la mise à l’écart des formations supérieures privées qui ne délivrent aucun diplôme reconnu par l’Etat.
- Retour du ministère
Suite à la présentation de nos différents points et la remise de notre rapport sur lequel nous nous appuyons pour justifier nos demandes, un échange s’en est suivi à propos des différents dispositifs qui sont mis en place dans le cadre de la baisse démographique. L’ODR ( observatoire des dynamiques rurales) généralisé depuis janvier dernier sur l’ensemble du territoire nous a été présenté. Les DASEN et préfets travaillent de concert avec les élus locaux à l’élaboration, sur plusieurs années, d’une « carte de l’offre scolaire« . Notre inquiétude a été confirmée : les directions des établissements diocésains sont bien associées à ces travaux par le binôme DASEN-préfet, sans que nous sachions toutefois dans quelle mesure elles y prennent part. Il nous a été précisé que l’objectif était d’« améliorer la qualité de l’offre scolaire », sans « volonté de réduire l’école publique ».
Sur la « promotion » de l’École publique, le ministère n’a pas opposé la capacité du privé à mieux valoriser ses réussites ni remis en cause celle de l’École publique à le faire. Nos échanges ont toutefois mis en évidence la nécessité de mieux faire connaître les réussites et les projets des écoles et établissements publics. ».
Sur Parcoursup et le hors contrat, il nous a été rappelé que la plateforme permet aux établissements d’enseignement supérieur d’examiner les candidatures selon des critères qu’ils définissent eux-mêmes. Pour les élèves issus du hors contrat, le ministère a évoqué le cas des élèves scolarisés hors AEFE, dont les candidatures font également l’objet d’un examen spécifique. Nous avons toutefois réaffirmé la nécessité d’un cadre commun ou, à défaut, explicite, afin d’éviter que les recours devant les tribunaux ne se substituent aux établissements dans les décisions d’orientation
Nous restons donc attentifs et alerterons dès lors que l’Ecole publique laïque ne sera pas priorisée : les politiques publiques ne peuvent continuer sur la même ligne que ces dernières années.
Les récentes annonces budgétaires ne répondent pas à l’urgence des nécessaires investissements à réaliser pour effectivement améliorer la qualité du service public d’éducation et son attractivité.